CELEBRARE LA NAZIONE Grandi anniversari e politiche della memoria nel mondo contemporaneo

Convegno internazionale di studi nei
 150 anni dell’Italia unita VITERBO, 10-12 MARZO 2011

Archivio per 6 Fernando Catroga

Abstract Fernando Catroga

Cents ans de la République au Portugal

di Fernando Catroga (Un. Coimbra)

Au Portugal, la politique de la mémoire, liée à l’exploitation de l’historicisme advenu de la convocation des « grands hommes » ou des « grands événements » de ce qu’on appellait « l’histoire de la patrie », s’est réalisée sous le signe de l’accentuation – par le contraste entre le présent des évocateurs et la magnificence de la période évoquée – des idées de décadence et de crise. Avec cette glorification du passé on prétendait susciter une « reviviscence », mieux, une refondation nationale.

Sous l’influence des fêtes civiques de la Révolution Française et les enseignements de Auguste Comte, ce sont les idéologues du mouvement républicain qui étaient à l’opposition qui, dès la fin de la décade de 1870, ont eu le rôle de guider le sens des pratiques symboliques (commémoration, exposition, cortège, congrès) vers cette finalité :  insinuer une espoir régénératrice et culpabiliser les responsables par la décadence du pays – la Monarchie et l’Église. À vrai dire, ces institutions, soit directement, soit de façon subliminale, seront accusées d’avoir réprimé la vocation démocratique du peuple portugais et d’avoir freiné les potentialités de modernisation que les Découvertes maritimes ont apporté.

Cette sélection explique que la choix de l’axe significatif de l’histoire de la nation ait été, pas un mythe de fondation, mais un mythe de refondation, en même temps que nous aide à comprendre pourquoi est-ce que le noyau le plus fort de la religiosité civique, consolidée dès les commémorations du tricentenaire de la mort de Camoens (1880), a comme point crucial la geste de Découvertes, avec Vasco da Gama, D. Henrique, Pedro Álvares Cabral, etc.. Et, si également insistante fut la glorification des modernisateurs qui se sont combattu contre l’influence cléricale et anti-jésuitique (centenaire du Marquis de Pombal, 1882), la vérité est que, presque jusqu’à nos jours, on a défini un panthéon civique qui, avec les accroissements propres à chaque régime, va perdurer dès la Monarchie Constitutionnelle, en passant par la Première République (1910-1926) et, progressivement catholicisée, par l’Estado Novo (1926-1974), jusqu’à l’actualité, moment ou, avec le quatrième centenaire de Camoens (1980), un nouveau cycle s’est initié, reprenant, à l’ère de la post-colonisation, les mêmes prétextes du XIX siècle.

Portugal, après 500 ans de sa pérégrination par tous les continents, a été réduit à l’espace européen et à l’entrée dans la Communauté Economique Européenne, vraie panacée de la crise que un régime autoritaire, avec sa politique colonialiste et la guerre en Afrique, avait encore plus prononcé. Le 5 Octobre, 1910, la République avait été implémentée, pas seulement comme régime, mais aussi pour résoudre le problème religieux (séparation de l’Église et de l’État), le problème éducatif (enseignement gratuit, obligatoire et laïque), le problème moral (éthique sociale et civique), et, graduellement, la question sociale. À cause aussi des excès de l’anticléricalisme et des effets négatifs de la Première Guerre, elle serait balayée par les vents anti-démo-libéraux qui commençait à souffler et sera morte par les mains d’une République autoritaire, corporative, nationaliste qui travaillera pour récatholiciser les consciences et les mythologies nationales – même quand elle a utilisé le même héritage impérial.

La Révolution de 1974 a voulu développer, démocratiser et décoloniser et, en effet, une de ses références a été la renaissance des valeurs républicains, surtout les dérivés de la gémination du républicanisme avec les idéaux de participation démocratique, aussi comme la défense de la liberté négative avec la constitutionnalisation des droits et des devoirs sociaux qui exigeaient des attitudes des pouvoirs publiques ayant en vue la réalisation du bien commun.

Donc, le centenaire de l’implantation de la République apparait dans un contexte bien différent de celui qui a conditionné le cycle qui a métamorphosé l’évocation des Découvertes en exaltation des valeurs de la Modernité, de la démocratie et du rencontre culturel. L’optimisme advenait des anciens enthousiasmes révolutionnaires et aussi d’un horizon d’expectatives projetées dans les effets transformatifs que l’entrée de Portugal dans la CEE irait provoquer.

Mais les temps sont changés. Et si, cent ans avant, les républicains étaient à l’avant-garde des commémorations pour dénoncer la crise, aujourd’hui, ce sont les valeurs républicains qui semblent être en crise, non par l’inexistence d’une alternative monarchique forte, mais à cause de la corruption et de l’affaiblissement de la participation politique – ce qui met les individus, de plus en plus, devant des pouvoirs pas démocratiquement légitimés.

Ensuite, dans les actuelles commémorations du centenaire de la République, parallèlement à une politique de mémoire qui se montre ouverte à la pluralité de perspectives sur la période historique entre 1910 et 1926 (notamment en ce qui concerne la politique réligieuse, social et même les limitations de la démocratie de beaucoup de républicains), l’emphase des discours officiels a souvent mis en valeur – dans une situation de crise et de crise des idéologies qui ont nourri les religions civiques des siècles XIX et une bonne partie du siècle suivant – l’idée de consensus national, et aussi le besoin de développement de la présence de l’éthique dans la politique. Et si toutes les célébrations des ritualismes civiques sont, par tendance, « froides », l’atmosphère décrite n’a pas contribué aux grandes euphories populaires, malgré le nombre d’initiatives qui, dès le localisme à l’échelle nationale, ont été promues – en marge des commémorations officielles.

 

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